OOups!

Patrick Suskind dans son roman LE PARFUM racontait l’histoire de Jean-Baptiste Grenouille, sorte de monstre de foire, doué d’un don extraordinaire : la possibilité de sentir par son odorat extrêmement développé, presque tous les parfums. Les homos n’ont pas cette faculté mais sont très sensibles aux parfums. Capiteux, frais ou poivrés, ils sont l’un des outils de séduction de l’homo. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Oui, Pourquoi cet engouement pour ce mélange odorant et aqueux  ?

Le parfum est présenté sous différentes formes. Son flacon, toujours proche de la sculpture, ou de l’oeuvre d’art, a un rôle primordial : donner de la valeur au contenu, se distinguer des autres, donner le sentiment d’être un objet rare, convoité. Bref, cet ensemble véhicule le rêve, le côté branché et tout cela explique son prix.

Voila donc pourquoi les homos sont sensibles au parfum !

Prix, rêve, idéal, art, prix, rêve, prix.

Reprenons et étudions brièvement un comportement humain ridicule : L’homme et son parfum. Ou plutôt, l’instant magique où se tenant devant le miroir de sa salle de bain il s’apprête à asperger ce corps délicat. Il est là, à demi nu, les cheveux encore mouillés et en bataille, son œil est vif et il bande. Notez que ce dernier détail n’est pas obligatoire mais après tout il fait ce qu’il veut !

Il s’observe dans le miroir, se tourne, se regarde sous différents angles, tout en se disant ” Putain que je suis beau. Que je suis beau ! ” Il se sourit, se met à bander (Cf Plus-Haut) et se lance un petit clin d’oeil coquin. C’est le moment propice. Il est le plus beau. D’un geste minutieusement répété il saisit à l’aide de sa main gauche l’objet oblong : en l’occurrence la bouteille de parfum. SA bouteille de parfum. Remarquez, il peut également se saisir d’autres objets oblongs, mais là n’est pas le sujet.

La fameuse bouteille dans sa main, délicatement il en ôte le couvercle et s’asperge du précieux liquide.

Tac, sur le cou.

Tac, derrière les oreilles.

Tac, sur son torse encore brulé par le soleil ou par les trop longues séances d’UV ainsi qu’à n’importe quel endroit stratégique.

Tac. Tac. Et Tac.

Un seul objectif, que l’arôme puisse se développer dans les meilleures conditions. Il entretient presque une relation charnelle avec cette petite bouteille : notre homme peut se parfumer partout, même sur les parties les plus inédites de son anatomie. Tac. Ouille, ça pique !

Le top of the top, c’est quand le parfum “colle” parfaitement à la personne : correspondant à sa façon d’être, de parler, de bouger, de s’habiller . Ne vous est-il jamais arrivé d’entrer dans un local exigû et de vous dire : “Mmmm Sébastien est passé par là ?”Ou de retirer une chemise, passer votre main sur le torse bombé de votre partenaire, et de lui susurrer à l’oreille : “MMmmm Pierre, j’aime ton parfum sauvage ?”

Certains délicats prennent bien garde de ne pas se mettre de parfum sur la peau : d’une part, parce que ca fait de vilaines taches avec le soleil (qui a envie de ressembler à la noiraude ?) mais surtout parce que le parfum peut virer… Et là, il n’y a rien de pire qu’un parfum qui vire… Le délicat fumet, sur une peau, peut alors devenir le plus horrible relent .

C’est pour cela que des objets fétiches existent  pour accueillir le parfum : le mouchoir préféré, brodé par la tata, le portefeuille ou plus simplement un vêtement . Attention ! La quantité de parfum est primordiale : rien n’est plus terrible qu’un mec trop parfumé. Dans ce cas là, il ne pourra échapper aux sarcasmes de ses relations : ” Eh, tu as pris un bain chez Christian Dior ? ” ou “  Ton nouveau mec, c’est pas Calvin Klein ? ”

Le choix du parfum est crucial et doit être motivé  par différents critères : le type de peau, le type de personnalité et surtout l’objectif à atteindre… C’est cette partie qui est la plus importante. Pourquoi devrai-je choisir ” VAS-Y-PRENDS MOI FORT ” de Christian Machin, plutôt que ” MOUI TU LA SENS ? ” de Calvin Chôse ?

Posons-nous la question. Ce parfum, c’est pour draguer ? Aller bosser ? Faire mes courses chez Mammouth ? Doit-il être envoutant ? capiteux ? captivant ?

Bref. Vous avez sorti votre carte bancaire, fait l’acquisition du dernier parfum en vogue et vous êtes dans une soirée branchée. Un mec super canon vous mate depuis quelque temps et vous vous décidez enfin de faire une approche. Vous discutez 5 minutes et il vous susurre à l’oreille (vous vous dites “putain ce que j’ai bien fait d’en mettre un peu là aussi”) :

” Mmm j’adore ton parfum ”

Et là, d’un air dégagé, vous lui répondez : ” Ah oui ? Tu sais, je n’y fais même plus attention….”

par: Tom

On vous avait dit que OOups ! revenait avec de anciens articles… Oui mais, c’était sans compter un événement majeur… Alors on a repris la plume. (où vous voulez !).

Il y a une semaine, ELLE était là. LA star. Oui, notre égérie, la seule la vraie l’unique : LIZA.
Oui Liza Minelli était à Paris pour un concert unique. Avec un passage l’après-midi précédent à la gay-pride (ouais ouais ouais : « marche des fiertés homosexuelles, transexuelles, bisexuelles, trisexuelles, gang bangesques etc. » si tu veux…), ce que j’appris le lendemain seulement (puisque j’avais fuis ce grand raout communautaire) de la bouche d’un ami qui jappait, extatique, en me disant qu’il l’avait aperçue (bah, comme tout le monde, quoi !) avant de tomber en pâmoison pendant le discours de l’icône… J’en tirais alors profit en assénant l’arme fatale : « Oui, mais –han- moi j’avais deux places au 10ème rang pour son concert, tu vois, juste derrière Mimi Mathy, qu’on était… nananèreuh. »
Impossible de vous décrire ici correctement l’expression d’un fan, dont la bouche bée s’accompagne d’un regard assassin mâtiné de crispations annonçant la crise d’apoplexie ou le malaise vagal…
Sauf que pour que la comédie soit drôle, il faut que le héros soit pris à son propre piège, et à faire le malin, je me vis obligé de raconter la soirée par le menu et séance tenante.

Alors Liza, qu’est-ce que c’est ? Oui, j’aurais pu écrire « qui est-ce ? » mais en même temps, quand on parle d’un monument, on dit « quoi » et pas « qui ». Ce qui répond en partie à la question.

Nous partîmes deux et grâce à un prompt renfort nous nous vîmes 3700 en arrivant au palais des congrès. J’en profitais pour lancer un petit jeu qui nous ferait patienter en attendant que le concert commence : compter 1 point à chaque homo aperçu dans le public. Arrivé à la sortie du parking j’en étais déjà à 34 points…
Il faut dire que le public se répartissait assez équitablement entre deux catégories : hétérosexuels de plus de 60 ans et homosexuels trentenaires (voire plus). Autant dire qu’il a fallu redoubler de sagacité pour le comptage !  56, 57, 58… 65 !
Eh oui, car ce soir là c’était une deuxième gay pride dans la salle… Certains n’étaient pas venus avec les banderoles uniquement par courtoisie, pour ne pas gêner le public derrière, mais le cœur y était. L’accoutrement aussi. Un mec et son copain ont marqué 10 points chacun, tellement ils étaient out : pas de vestiaire, sortie du spectacle, sitôt au Dépôt !

La salle était devenue une belle terrasse ensoleillée du marais…
-    On se voit au Bearsden tout à l’heure ? Géniiiial !
-    Oh salut toi ! Eh ben ? Tu viens plus aux soirées fessées chez Dominique ?
356…357…358… pfouu dur le comptage !

Sans parler de l’icône française, Line Renaud qui était au premier rang à côté de Charles -j’habiteseulavecmaman – Aznavour, le mentor de Liza. Ca s’est d’ailleurs agité sec au carré or…

Relégué à des places de deuxième catégorie, le nouveau ministre de la culture a sans doute eu une petite érection au milieu de tout ce public, plus affriolant que les smoking du carré or et bien qu’assez peu pourvu en jeunes marocains si je m’en réfère au tome 1 de ses mémoires (dont je vous recommande la lecture pour réchauffer vos longues soirées d’hiver…). Venu avec un ami, Frédéric Mitterrand était donc installé sur le côté. Sous les applaudissements du public qui ont salué le grand Charles, le ministre s’est levé pour aller l’embrasser et c’est alors que les organisateurs se sont affolés en comprenant l’erreur protocolaire quasi-impardonnable d’un Mitterrand gouvernemental placé au milieu de la plèbe… Ils ont aussitôt trouvé deux places devant.
-    Coâ ? Mais c’est dégueulasse, moi j’ai pas eu de place !
-    Eh ben t’avais qu’à être l’ami de Fredo, point.
Un impair qui a fait sourire le parterre d’invités, mais dont les organisateurs se seraient bien passés…

Le concert ? Bah bien cool, génial…
- Te raconter ? Tu veux pas que je te le chante aussi, New York, New York ?

Evidemment, entrée sous les bravos de ses musiciens (certifiés d’origine d’après le nombre de déambulateurs…) et de son jeune pianiste, beau gosse avec une voix et un swing fantastique -attention tu baves !- et pour commencer standing ovation pour Liza, et rebelote deux fois en première partie tellement elle te transporte. Plein les mirettes et les esgourdes qu’elle nous en a mis, la miss.
Voilàààààààà. Autre chose ?

Bon, bien-sûr, survivante qu’elle est, d’une opération de la hanche de tout, la star plie moins bien le genou, cherche un peu son souffle, mais bon, le soleil continue d’illuminer la salle.

Sortie à l’entracte sous les bravos, les bis et les repetita. Sortie des déambulateurs. Pause pour tout le monde.
Au bar, ça drague. Au sous-sol du Palais des Congrès, aussi. Ça mate sec aux pissotières… Pour un peu on se serait cru dans les latrines de la Gare du Nord à la grande époque ! Pas le temps pour une petite pipe que ça tambourine à la porte, et il n’y a pas eu de coït uniquement parce que Liza attendait sur scène pour la seconde partie… Dommage, c’était assez open, hein les garçons ? Grand moment…

Retour sur scène. What Makes A Man A Man, la version de “Comme ils disent” d’Aznavour est interprétée dans un silence religieux, suivi d’une ovation pour l’interprète et l’auteur, acclamés debout. On passe tout le catalogue, Liza with a Z, Cabaret, et l’inévitable New-York qui nous en tire des larmes, tellement cette chanson de renommée mondiale que tout le monde a massacré une fois au moins en Karaoké –ne niez pas, on a la vidéo – nous est servie sur un plateau, juste pour nous personnellement, au milieu de ces 3700 autres qui pensent comme moi.

Liza alterne les chansons et les paroles, bien rodées, qu’on croit néanmoins improvisées pour nous en bonne comédienne qu’elle est. Tout cela est millimétré, tenu de bout en bout. Du professionnalisme à l’état pur.
Une parole pour chacun, sainte Liza réconforte, aime son public, « ses enfants » et « sa famille » comme elle dit (j’espère que la vraie famille a des tarifs préférentiels pour les places…).
Il faut dire qu’elle a reçu le témoin en héritage de sa maman, Judy Garland. C’est un peu comme la royauté, ça s’hérite ces machins là… En exclusivité, OOups ! s’est procuré l’extrait du testament :
« Ma chérie, en plus de toutes les babioles pré-citées, je te lègue la charge de la communauté homosexuelle mondiale. Ne soit pas effrayée par l’ampleur de la tâche, ce sont des gens charmants qui ont le bon goût de payer plusieurs centaines d’euros pour assister à des spectacles à condition que tu leurs dises que tu les aimes. Comme ils sont détestés de tout le monde, ils te croiront aveuglement ! En général, ils aiment les icônes qui sont seules et malheureuses, mais légères et pétulantes sur scène. Tu peux TOUT te permettre : dramatise à fond…  Le marché des îcones gay est en pleine expansion, mais méfie toi de tes rivales. Pour leurs prendre des parts de marché, il faudra durer… Je t’embrasse… Judy ».

C’est ainsi que Liza avait l’après-midi même harangué les foules à Paris, prenant place sur le char d’Equivox qui avait tenu le secret jusqu’au bout…
-    Peuh ! C’est un sosie !
-    Naaaaaaan, j’t’e dis que c’est LA VRAIE ! Les fausses, elles ont moins de maquillage !

Et la star, de se lancer dans une évocation historique depuis Stonewall, sur la lutte pour la reconnaissance : « Nous étions là en 1969, dans ce bar quand la police est entrée… »
Sur le trottoir, on se perdait en conjectures :
-    Ah oui ? Qui ça « nous » ? Liza ? Liza était dans le bar ?
-    Bah non, on enterrait sa mère ce jour là, j’espère qu’elle trainait pas dans les bars quand même !
-    Naaaaan mais c’est une licence poétique…
-    Ah ok. Ok…

Comme quoi c’est pas simple le job d’icône gay, il faut se le fader, le poids de la légende, du petit-déj au coucher… Mais on aime y croire à cette empathie, quand c’est si bien fait, si bien endossé, si bien servi. On s’en tartine comme un onguent, on s’en repaît comme d’une panacée… Que ce soit trop ou pas assez, qu’importe ! Liza était là…

par: Toinoo

- “Tiens t’es mignon avec ta nouvelle coupe de cheveux… Ca fait un peu Tintin…”
- “Et alors ? Il est pas bien Tintin ?”

Mais d’abord, Tintin qu’est-ce que c’est ?

Tintin… Je ne parle pas de l’inévitable complice hors caméra de Pascal Sevran (” hein Tintin ? “), mais bien du personnage de bande dessinée créé par Hergé.

Pour les hibernatus de service décongelés récemment, rappelons que Tintin est un jeune garçon – une petite trentaine -, journaliste, blond, 175 70 BM ACT/PASS CH IDEM…Heu excusez… C’est à force de fréquenter certains services… J’ai du mal à faire des descriptions classiques…

Je reprends :
Tintin est journaliste, il est jeune, un poil efféminé, il est très blond -limite décoloration- , le cheveux ras avec une petite houppette sur le devant (pas de mauvais esprit s’il vous plait !), il est habillé de façon un peu excentrique ou avec un 501, il adore se déguiser – l’habit de cowboy lui va à merveille (oui ! c’est ça : ” comme dans les village people ” !) – il connaît plein de monde, adore faire la teuf, il possède des dons de décorateur, il est assez sportif, il a pour compagnon un adorable chien-chien très soigné et il est temps que je mette un point à cette phrase parce que je trouve moi-même que c’est long et que ça commence à bien faire.

Bref, c’est un chic type qui ne dépareillerais pas à la terrasse de l’Open Café…

Eh oui ! Car Tintin est l’égérie homo la plus diffusée mondialement, et la moins reconnue par les homos eux-mêmes… ! Ce type là est une vaste propagande pour la ” gay attitude ” est personne ne s’en était rendu compte ! Tintin est asexué me direz-vous… Et ça cadre mal avec l’idée d’en faire un homo qui n’a que le sexe à la bouche (c’est une image…). Les homos ne peuvent s’empêcher de parler sexe et on ne peut pas dire que les propos de Tintin soit très hot… Okay Okay. Mais il est vrai qu’on sait très peu de chose sur Tintin…

Et justement : Ce désir de tout cacher, cette volonté de ne rien laisser paraître… Ne serait-ce pas là une preuve évidente de l’homosexualité de Tintin ? Tintin, un journaliste mondialement connu ne peut se permettre de faire un coming-out retentissant… Et puis on ne connaît pas ses parents… N’ont-ils pas pu supporter que leur rejeton soit homo, au point de le virer de chez eux ? Seules de brèves allusions et quelques sentiments pour de jeunes garçons rencontrés au détour d’un chemin arrivent à transpirer au delà des images…

Alors que Jean Jacques Annaud nous livre actuellement sur les écrans une pâle adaptation de ” Tintin au Tibet “, avec néanmoins le désirable Brad Pitt, on peut se poser la question de savoir ce qui se passe entre Tchang et Tintin… Quelle détresse, lorsque Tintin s’effondre en larmes à la disparition de son petit ami ou, lorsqu’à leurs retrouvailles, Tchang avoue avoir souvent pensé à lui! Et on voudrait nous faire croire que ce n’est QUE par amitié ? ! Allons ! Nous nous posons tous la question : “A qui penses-tu quand le désir t’étreint, Tintin ?” Et ces titres ! ” Objectif Lune “… ” Le sceptre d’Ottokar “… Il émettrait de légères vibrations le sceptre d’Ottokar, que ca m’étonnerait pas… Vous voyez ? Tintin ferait très couleur locale dans le Marais… Et je ne suis pas loin de penser que si Dalida avait envahie le monde de Tintin, il aurait eu toute la compil…

C’est vrai que question musique, il n’est pas gâté ! Sa seule référence semble être la Castafiore… Et c’est également la seule femme qui revient sans cesse… C’est pas des coups à faire tourner un hétéro convaincu (en un seul mot) en tapiole jusqu’à la fin de ses jours ? Mmh ? Voilà pourquoi Tintin tourna très tôt tata.

Enfin… La Castafiore… ” Une femme “… A nouveau le doute m’habite (toujours en un seul mot). La Castafiore ne ressemble-t-elle pas à un simple drag queen avant-gardiste ? Ou bien est-ce un travelo échappé de chez Michou ? Ou encore un transsexuel comme semblerait nous le confirmer le titre ” Les bijoux de la Castafiore ” ? Encore des doutes !

Mais Tintin ne mange pas de ce pain là. Et n’allez pas croire non plus qu’il vit une sexualité débridée (au sens propre et au figuré) avec le seul compagnon fidèle qui couche avec lui : Milou. Non. Son truc c’est l’exotisme… Nul doute qu’il possède le guide gay international… Dans ses premiers album, c’est ” je tire un coup au Congo, je tire un coup en Amérique, etc. ” Quelle girouette !

Plus tard, après ” On a marché sur ma lune “, viendra le temps où Tintin se range et s’empâte à Moulinsart. C’est vrai qu’après tant d’aventures, il peut en avoir plein les reins, Tintin. (oui je sais ça fait deux fois que je fais ce mauvais jeu de mot…)

Alors Tintin, c’est avant tout l’histoire d’un mec seul. Oui : il a des amis, il a vu du pays, et il a eu une vie bien remplie (peut-être pas que la vie d’ailleurs)… Mais au bout de 22 albums, 22 aventures… Comme tous ceux qui multiplient les aventures d’un soir, Tintin reste seul. Peut-être est-il trop idéaliste ? Trop occupé ? Blasé ou blessé ? Qui sait ? En tous cas, un des mérites de ces aventures à la chaîne, c’est de produire une morale en forme de doigt pointé vers le lecteur, qui dit :” Et vous ? ”

A moins que je me sois planté… Peut-être se demande-t-il seulement s’il doit faire partie du boys-band des Dupont-Dupond ?

PS : le mois prochain OOups! vous proposera un autre sujet de fond : “Fantasio est-il bisexuel”.

(publié la première fois en Juin 1998)

par: Toinoo

Elle est heureuse. Les nuages qui s’amoncelaient à l’horizon ont tout à coup disparu. Les autres mères de son entourage l’envient… Pourquoi ? C’est une maman de pédé. Et ça, elle mesure tout ce que ça va lui apporter comme tranquillité.

Bon, évidemment, quand elle l’a appris, ça lui a fait drôle. Quoiqu’elle s’en doutait un peu. On est ouvert, mais quand même, quand il s’agit de votre fils, c’est quand même pas pareil… Et puis elle a réfléchi. Et plus elle réfléchissait, plus le sourire s’élargissait sur ses lèvres, et plus elle mesurait sa chance.

Le premier avantage d’être une maman de pédé est ENORME. C’est une délivrance. Tous les conflits qu’elle imaginait pour les quarante années à venir disparaissent d’un coup de baguette magique. La jalousie qu’elle redoutait, le manque qu’elle craignait, tout ça a disparu. Car, conséquence logique : elle est maman de pédé, et donc, elle n’aura pas de belle fille. Et ça, ça peut nous paraître idiot, à nous, mais pour une maman d’une manière générale, c’est un soulagement incommensurable ! Pas de belle fille qui lui aurait piqué son fils, qui aurait été une rivale, qui aurait pris sa place dans le cœur de sa progéniture.

Bien sûr, son fils ne sera pas seul (enfin elle l’espère). Mais un gendre, ça n’a rien à voir avec une belle fille. Elle pourra discuter avec lui sans crainte des conflits particuliers aux relations mère/belle fille, elle le chouchoutera comme son propre fils, elle espère qu’il lui plaira… Elle pourrait même aider son fils à choisir, tiens… Mais pas sûr qu’il accepte de l’emmener avec lui dans ses soirées ou même qu’il soit apprécié que dans la rue elle lui indique tel ou tel beau garçon qui “est sûrement comme toi”. Et à cette seule idée, elle rigole toute seule. Décidément, c’est un bonheur d’être une maman de pédé.

Le deuxième avantage est presque aussi grand que le premier. A priori, être maman de X implique de ne pas être grand-mère, au moins avec celui-là. Et ça, c’est quand même aussi une bonne nouvelle, car il y en a d’autres pour lui donner des petits-enfants, et au moins, avec lui, on peut être sûr de passer une soirée tranquille dans gamins braillards, on sait qu’il ne les donnera jamais à garder. Pas de contrainte d’horaire, de vacances… Elle en profitera pleinement, de son fils et de son copain !

Si, si, elle aime les enfants, la maman de X, sinon elle ne serait pas maman. Mais savoir qu’un des siens n’en aura pas, ça permet de mesurer les avantages de la situation. Au moins, avec lui, elle ne sera pas une pouponnière ni une garderie.

Et puis, dernière petite chose, être maman de X, c’est le certitude que son fils sera souvent entouré de beaux garçons. Qu’on pourra parfois croiser à l’occasion. Et ça, c’est pas mal non plus. Car on a beau être maman, on n’en reste pas moins femme…

par: XIII

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