OOups!

C’est bien connu, dans l’armée on est pas des Pédés ! Ouais… Ils ne sont peut-être pas des pédés, mais moi je peux vous dire qu’il y en a des homos en kaki. Alors aujourd’hui où le service national est amené à disparaitre, ce n’est pas sans une certaine émotion et une émotion certaine que je souhaite vous parler du Service Militaire. Aaaaah ! Le Service Militaire ou Service National comme ils disent. Que de souvenirs (Ta Gueule, Papy !).

D’abord il y a L’AVANT service militaire. Je veux parler ici du moment, plus ou moins long selon les cas, entre celui où vous ressortez des 3 jours, la gorge serrée, votre petit papier marqué des 4 lettres maudites A.P.T.E. et ce matin où disant adieu à votre chère maman en pleurs et votre père fier de voir son rejeton devenir bientôt un homme, vous rejoignez votre nouvel environnement vert. Autant vous dire tout de suite, que le vert, ce n’est pas l’idéal pour votre petit teint rose.

Les quelques jours précédents votre incorporation (thème récurant des adeptes du S.M.) sont en général emprunt d’une forte angoisse. Il suffit d’ailleurs de voir la gueule de vos amis quand vous leurs annoncez que dans 5 jours vous partez à l’armée. D’un autre côté, ceux qui en sont sortis en gardent finalement un souvenir pas si horrible que ça. Alors ? L’Armée ? Pour un homo ? Est-ce si affreux que ça ?

En fait, à moins de ne pas supporter les grosses chaussures et là franchement les pieds d’un homo sont en général bien préparés, l’Armée n’est pas si horrible que ça.

Il y a d’abord les classes. Bon effectivement, si vous avez plus l’habitude de vous coucher à 4H00 du mat et vous lever au beau milieu de l’après-midi (Si Si ça existe !), vous risquez fort d’avoir du mal à vous habituer au rythme 22h00-6H30 des classes. De même que si vous n’êtes pas un adepte du jogging matinal, il va falloir vous faire une raison. Bon, vous pourrez toujours prétendre être malade et passer le reste de votre temps dans ce magnifique survêtement bleu de l’armée française. Mais ne croyez pas que vous resterez tranquille pour autant. Les esquiveurs sont généralement les premiers volontaires pour les tâches classiques du balayage des cours, des couloirs et autres tâches ménagères.

D’un point de vue intimité, la bonne nouvelle c’est que vous allez partager votre chambre avec au moins une dizaine d’autres personnes. Que des garçons ! Pas de filles ! Le pied non ? Évidemment, si vous êtes du genre délicat à ne pas supporter les ronfleurs et les odeurs de sueur ou de chaussettes sales, l’intégration risque d’être plus difficile. Qu’à cela ne tienne, il reste encore les douches pour vous rattraper. Ah ! Les douches ! Communes ! C’est surement le seul lieu intéressant dans une caserne (avec la grille de sortie, bien sûr). Pour ceux qui n’ont jamais expérimentés les douches collectives, l’Armée vous permet de combler ici cette, ô combien inexcusable, lacune. Ne comptez pas sur moi pour vous raconter s’il se passe des choses bizarres sous les douches mais je vous laisse imaginer le plaisir voyeur que l’on peut au moins en tirer. Et puis de vous à moi, quoi de meilleur après une bonne heure de jogging matinale de se retrouver au milieu de tous ces garçons se savonnant allègrement le corps.

Bon, je passe sur la nourriture, qui varie du franchement dégueulasse au carrément gerbique selon les casernes et le grade que vous pouvez avoir, pour m’attaquer à la tenue vestimentaire.

Le treillis de l’Armée de Terre d’abord. De vous à moi on a fait plus sexy et à moins de fantasmer sur les uniformes, le treillis n’a rien d’extraordinaire sauf que j’ai personnellement toujours trouvé qu’il faisait un p’tit cul ! A part ça, pas de quoi se lever la nuit pour nettoyer un char avec une brosse à dent…

L’uniforme du marin maintenant. Aaaah, voilà une tenue acceptable avec son tee-shirt rayé (non, non ce n’est pas du Gaultier), sa p’tite cape derrière les épaules et son fameux pompon rouge. Alors là, oui, oui et oui, la tenue des moussaillons est sexy. Enfin bon, c’est une histoire de goût personnel (Si il y a un mousse parmi les lecteurs de OOups!, mon email est en bas de la page…).

Quant à l’uniforme de l’armée de l’air, rien à redire non plus. Ca fait bien propre sur soit, tiré à quatre épingles et pourquoi pas excitant aussi d’ailleurs.

Finalement, une fois toutes les surprises et désagréments des classes passées, ils ne vous reste plus qu’à passer le reste du temps à “travailler” dans un bureau, à conduire des véhicules de toutes sortes, à faire des défilés, à boire de la bière, à monter des gardes en plein hiver et dire “Mes respects mon Capitaine”… Attention, n’allez pas appeler un colonel “mon Capitaine” vous risqueriez de le blesser dans son amour propre. C’est vrai quoi, un colonel ce n’est pas un capitaine. Et un capitaine, ce n’est pas un adjudant-chef…. Concentrez-vous un peu les filles !

Un point important maintenant. Parmi toute cette population de garçons, vous n’êtes surement pas le seul homo. Comment dans cet univers clos, mâle et vert, oui comment faire pour rencontrer d’autres homos. Une première solution peut être de se faire remarquer plutôt que de chercher. Cette technique dite de la “Je me l’a joue légèrement efféminé mais pas trop” risque quand même de se retourner contre vous. Je me souviens moi même d’un camarade de chambre que tous les autres appelaient “La Folle”. Ce genre de réputation à l’armée se répand très vite et pas qu’en bien… Une autre solution est de surveiller les regards dans les douches. Si certains de vos voisins passent plus de temps les yeux dirigés vers les sexes plutôt que le mur d’en face, c’est déjà un bon signe…

Bref, plein de bonnes choses en perspective non ?

Tout ça pour dire que finalement à moins d’être résolument anti-militariste, le Service Militaire est un moindre mal à passer. Je suis persuadé que vous trouverez autant de personnes pour vous dire que c’est nul que des personnes, comme moi, qui vous diront que finalement ce n’est pas si terrible.

Repos !

Mise à jour 2009 :
Depuis cet article, le SM a été supprimé. (Comprendre le “Service Militaire” ! Pour le Sado-Masochisme, on vous rassure tout de suite : pas de problème ! Rassuré ?) :-)

par: Ced

Et oui, il fallait bien que cela arrive un jour ou l’autre. Pourtant vous étiez prévenu depuis longtemps et les exemples vous entourant aurait du vous mettre la puce à l’oreille.

Non, au lieu de cela, vous avez continué à sortir, danser, picoler, draguer, baiser comme des bêtes tout en mentant honteusement sur votre age. Mais ce matin, la dure réalité de l’Homme moderne vient de vous prendre à la gorge tel un morpion affamé se jetant sur vos poils pubiens. Vous êtes devenu vieux.

Fini l’époque où l’on vous attribuait l’âge le plus jeune. Vous êtes maintenant une vieille. Un papy. Un vieux Pédé. Une tapiole frippée.

Jusqu’à présent vous vous sentiez encore jeune et léger mais ce matin, rien n’y fait. Vous venez de vous croiser dans le miroir et vous n’avez pas vu un jeune homme mais bien un homme agé.

Allons Allons les Garçons, ce n’est pas le moment de se jeter dans les bras de votre oreiller en poussant de longs cris stridents de désespoir. Il va falloir vous faire à l’idée que vous n’êtes plus un BOJH25a. Vous n’y pouvez rien de toute façon donc à quoi bon se morfondre. Séchez vos petits yeux meurtris de chagrin et mouchez votre nez.

Que faire ? Quel stratégie adopter pour survivre ? Comment continuer à vivre comme si de rien n’était alors que tout le monde vous regarde, vous, l’ancien BOJH25a ?

Deux solutions s’offrent à vous pour surmonter cette nouvelle épreuve de la vie. La résistance ou l’attaque.

Dans le premier cas, foncez chez le premier esthéticien venu et priez pour qu’il ne soit pas trop tard. Après un examen complet, ce professionnel vous conseillera, les yeux brillants couleur or, sur tous les traitements possibles et imaginables pour retendre ces joues molles et refaire pousser cette chevelure de rêve aujourd’hui disparue. Foncez ensuite dans une salle de Gym et poussez, poussez, poussez, poussez… Poussez Madame c’est un Garçon ! Mais attention quand même à votre hernie… Ainsi à grand renfort de porte-monnaie vous obtiendrez enfin le résultat obtenu. Un corps de vieux gonflé, tiré et retiré.

Malheureusement, cela ne durera qu’un temps et il vous faudra vous résoudre à affronter pour la deuxième fois de votre vie cette dure réalité du temps qui passe. Ah non !! Ne vous remettez pas à pleurnichez ! Ca devient stressant à la fin. Au contraire, reprenez vous en main (c’est pas qu’une image…) et procéder à la seconde étape : L’attaque.

Convaincu que toute résistance est impossible face aux attaques du temps, il ne tient qu’à vous de vous jeter à corps perdu dans votre nouvelle vie de vieux. Pour commencer, un Check-Up de votre garde-robe s’impose. Premièrement parce que vous ne rentrez plus dans la moitié des vêtements s’y trouvant et deuxiemement parce qu’à votre age, les shorts ras, les tee-shirts bariolés et les p’tits sacs à dos ça fait plus dégénéré que jeune. Optez pour une garde robe plus en adéquation avec votre physique sans pour autant sombrer dans le pull jacquard à losanges bleus. Le choc serait trop dur à surmonter !

Ensuite, ne restez pas renfermé sur vous-même à machouillez mollement votre repas du midi devant Jean-Pierre Pernault mais sortez dehors et faites-vous de nouveaux amis. Faites profiter les autres de votre expérience et de vos connaissances et vous verrez alors à quel point vous vous sentirez à nouveau mieux. Evitez quand même de vous entourer uniquement de jeunes en chaleur, vous risqueriez de ne pas suivre le rythme imposé et puis ça vous donnerait une image de vieux cochon. Ainsi petit à petit vous vous construirez une image d’homme expérimenté, intéressant, sûr de lui et surtout heureux de vivre. D’ailleurs votre plus belle récompense viendra quand vous entendrez dire de vous “Pour son âge, il est vraiment super ce mec…”.

Et puis si un jour quelqu’un vous traite de vieille tante, dites-vous bien que cela ne peut venir que d’un jeune con….

On en reparle dans 30 ans ?

par: Ced

Vous êtes homosexuel(le). Conséquence inévitable : vous aimez quelqu’un du même sexe que vous. Oui, je sais, ça semble idiot, mais attendez, vous allez voir. La majorité des gens n’étant pas (à priori) comme vous, vous risquez d’en surprendre plus d’un en disant “il” là ou on s’attend à vous entendre dire “elle” (et vice versa). Alors évidement, la solution la plus simple à ce problème consiste à ce que vos interlocuteurs soient au courant de vos déviances (NDLA : Mais non, je ne suis pas maso, je blaaaaaaaague… Vous allez rire, ça vous semble peut-être évident, mais je préfère préciser, vous n’imaginez pas les mails que l’on reçoit… A croire que certains pensent que le deuxième degré est la température d’une drag-queen devant des bottes argentées…)

Ce coup de gueule poussé, revenons à nos moutons et intéressons-nous au cas où vous vous adressez à quelqu’un qui ne sait pas pour vous (c’est plus soft de le dire comme ça…). Si vous ne lui avez pas (encore) dit, c’est que vous ne souhaitez pas qu’il (elle) sache pour l’instant. Donc il importe d’éviter de se trahir pour une bête histoire de grammaire…

Le solution la plus simple, c’est encore de dire systématiquement “elle” pour parler de votre copain (ou vice versa, pour nos amies gaies). Mais bon, personnellement, j’ai toujours refusé d’utiliser cette facilité un peu, comment dire… Ne pas dire tout de suite à tout le monde qu’on est pédé, d’accord, mais de là à prendre carrément la position contraire en s’inventant moultes activités avec “elle”, non, j’suis pas d’accord…

Donc, si vous ne voulez pas encore dire “il” sans pour autant dire “elle”, il n’y a qu’une solution : utiliser toutes les ressources que nous offre notre grammaire en la personne des pronoms personnels identiques au masculin et au féminin.

Allez, hop, entrons un peu dans le détail, on va se croire à l’école. Cas le plus simple : votre bien-aimé(e) se trouve, dans la phrase, en position de COD (Complément d’Objet Direct, pour les vieux qui lisent Ooups! et qui ont oublié leurs jeunes années, ou pour les jeunes qui se sont aussi empressés de les remiser dans un coin sombre de leur mémoire). C’est HYPER simple : ” l’ ” est unisexe ! Exemple : “Je L’embrasserai pour toi” …

Comme vous l’aurez sans doute remarqué de vous-même, on se retrouve dans le même cas quand votre homme (femme) est présent(e) dans la phrase cette fois en qualité de COI (Complément d’Object Indirect). Exemple : je LUI ai offert des fleurs pour son anniversaire.

Mais ATTENTION ! C’est simple, certes, mais, revers de la médaille, ça ne marche pas pour tous les verbes. Pour les autres, il vous faudra utiliser le “le” ou le “la”. Exemple : “Je LE frappe” (Heu… Désolé, je n’ai pas d’autre exemple ! :-) )

Une autre difficulté est celle de l’accord du participe passé. Lorsque l’accord ne s’entend pas, no problem ! Exemple : “Je L’ai embrassé(e)” Dans les deux cas, ça se prononce de la même façon. Ca se complique avec un verbe comme “mettre” : “Je L’ai mis” ou “Je L’ai mise” ?? (Ha non, arrêtez avec votre mauvais esprit, le verbe mettre est l’exemple de mon BLED, et je vous le prouve, c’est à la page 89) ! (Bon, certes, leurs COD sont différents : “Le pantalon que j’ai mis” et “La veste que j’ai mise”…

Vous l’avez remarqué, il est plus simple de placer votre amour en position de COD ou de COI que de le placer en sujet. Mais bon, c’est pas très pratique et vous risquez de passez pour quelqu’un de narcissique, à toujours VOUS placer en position de sujet… La solution miracle : le nom commun. Puisque vous ne pouvez utiliser ni son prénom (sauf dans la cas particulier ou il (elle) s’appelle Dominique ou Claude), ni un pronom personnel, Il est un nom très pratique : “ami”. A l’oral tout du moins. En effet, si on écrit “mon ami” et “mon amie”, on prononce indifférement “mon nami”, ce qui est, avouons le, bien pratique. A prohiber, donc, “copain” ou “copine”, au profit de cet amical “ami”.

Voilà, j’ai pitié de vous, j’arrête là la leçon de grammaire. On l’a vu, il faut jongler… Pour éviter le fatal “lui” là où vous on s’attend à vous entendre dire “elle”… Mais finalement, le plus simple est encore de jeter un voile pudique sur votre vie privée, au moins concernant ceux qui ne savent pas. Et d’utiliser, avec modération et uniquement en cas de force majeure, les pronoms personnels “unisexe” évoqués ci-dessus. Le plus simple, répétons le encore une fois, étant le coming-out…

par: XIII

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