OOups!

J’ai 74 ans. Je suis veuve depuis deux ans et demi. J’habite donc seule dans un quartier plutôt animé de Paris. Parfois, le soir, j’écoute à ma fenêtre les discussions enjouées et les rires des jeunes attablés aux terrasses des cafés dans la rue. Et je dois dire que ça me rappelle mes jeunes années.

Pourtant, le quartier me paraît presque morne par rapport à un samedi du printemps dernier. Quelle journée ! C’était vers la fin juin, il me semble (ma vieille tête me joue parfois des tours). Il faisait un temps superbe. J’ai commencé par m’étonner de ne plus entendre de voitures. Puis une clameur s’est fait entendre et a enflé au fil des minutes, comme celle d’une manifestation. Mais ça ne ressemblait pas à des slogans ou à des revendications, plutôt à une sorte de fête

Poussée par la curiosité, je suis allée à ma fenêtre. Et là, j’ai découvert un spectacle étonnant. Un défilé, non, une parade de jeunes gens et de jeunes filles… Mais ils n’étaient pas comme les autres. Comment dire ? Certains garçons avaient des attitudes très féminines. Et en même temps, des filles étaient très masculines. Quelques uns portaient des pancartes ou des tee shirts indiquant «Gay Pride 96». Je n’ai pas compris le mot, mais j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un défilé d’homosexuel(le)s.

Je l’avoue, ma première réaction a été de froncer les sourcils. Mes parents étaient assez conservateurs et j’ai été élevée comme ça. Moi même, je l’étais, jusqu’à ma rencontre avec mon mari. Il m’a appris à porter sur les autres un regard différent. Il m’a montré comment aimer chacun tel qu’il est, sans le juger, sans le repousser parce qu’il est différent. Depuis le décès de mon époux, j’ai encore plus à coeur d’adopter cette attitude jour après jour. Alors pourquoi ce réflexe, ce froncement de sourcil, ce geste de recul et de jugement ?

J’étais là à me faire des reproches, quand deux garçons d’une vingtaine d’années, mignons comme des anges, qui marchaient en se tenant par la main, m’ont aperçu à ma fenêtre et se sont mis à m’envoyer des baisers. Cela a achevé de me faire fondre. J’ai couru à la cuisine, attrapé le paquet de bonbons acheté pour une prochaine visite de mes petits-enfants, et me suis mis à les lancer par poignées par la fenêtre. Des cris de joie m’ont répondu, avant que les deux garçons, aussitôt repris en choeur par les autres, ne s’écrient : «Mamie, avec nous ! Mamie, avec nous !»

Cela m’étonne encore aujourd’hui, mais j’ai à peine hésité. Je me suis précipité dans l’escalier et j’ai vite rejoint les deux amoureux sous les applaudissements. Ils m’ont encadré, et, spontanément, tous deux m’ont embrassé, chacun sur une joue. Je crois que j’ai un peu rougi. Puis ils m’ont pris par la main et ont repris la marche.

Je me suis revue à leur âge, un demi siècle plus tôt. Mes deux guides étaient adorables, et ne cessaient de me raconter comment ils s’étaient rencontrés trois mois auparavant. Ils m’expliquaient leur joie d’être ensemble, mais aussi les difficultés qu’il rencontraient parfois pour se faire accepter, le secret qu’il fallait maintenir auprès de certains proches. Instinctivement, définitivement conquise, je les ai embrassés à mon tour.

Autour de moi, la foule était bigarrée. Des jeunes, des moins jeunes, des garçons et des filles, certains musclés et bronzés, d’autres avec l’allure de M. ou Melle tout le monde… Des hommes habillés en femme, comme dans un film qui se passe en Australie, je crois. L’un d’eux étaient travesti en Dalida. Un autre, beaucoup plus jeune, debout sur un char marqué «MAG», ressemblait comme deux gouttes d’eau à Fanny Ardant.

Nous avons longtemps marché dans les rues de Paris sous un soleil resplendissant. L’humeur était très joyeuse. Des passants n’en croyaient pas leurs yeux en me voyant au milieu du cortège, entourée de mes deux adorables gardiens. Le soir, j’ai vu aux informations télévisées que nous étions 100 000, peut-être même 150 000. Cette journée reste pour moi un souvenir inoubliable.

Et puis j’ai eu la semaine dernière une grande joie. J’ai reçu une carte postale de Montpellier. Elle m’annonce que cette année, la marche sera européenne ; qu’elle rassemblera encore plus de monde et ne s’appellera pas Gaypride, mais Europride. La carte est signée Jérôme et Cédric, les deux garçons de l’an dernier. Je ne me rappelais pas leur avoir donné mon adresse. Ils m’annoncent leur prochaine arrivée à Paris et m’invitent à marcher avec eux. Sur la carte, un numéro de téléphone. J’ai appelé. Cette année, nous marcherons ensemble, et Cédric et Jérôme dormiront chez moi pendant leur séjour à Paris.

Propos recueillis par XIII

par: XIII

La Gay Pride …. Qui n’a jamais entendu parler de cette fête gay riche en couleur, en monde et où la fête bat son plein ?
Bon c’est vrai, on n’est pas obligé de regarder tous le journal télévisé de TF1 un soir de 28 juin, mais bon…

Tout de même ! Vous avez tous au moins entendu parler de cette grande fête … Peut-être y-avez vous dansé, chanté, bu, mangé des merguez, regardé les Mamies aux fenêtres qui trémoussaient leur flan callipyge, vêtue de la fameuse blouse type «mémé»?

Bref, vous connaissez la Gay Pride .

Mais en connaissez vous vraiment l’origine? Pourquoi par exemple avoir choisi le 28 juin? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi?

Détendez vous, vous pouvez desserrer votre petit poing vengeur, je vais vous expliquer … (Mmm, moi j’aime bien les petits poings vengeurs…. ca fait tellement viril! )

Bon c’est vrai, un 28 juin, c’est sympa, il fait rarement froid, les giboulées sont finies, les T-shirts sont échancrés, et les petits shorts moulants sont bien présents: En clair, c’est bien plus sympa qu’un 28 février.

Mais le choix de la date va bien au delà du seul critère estival. Tout a commencé aux Etats-Unis, le week end du 27 au 30 juin 1969. (année érotique)

A Manhattan, et plus précisément dans le quartier de Greenwich Village: la nuit est chaude, New-York s’endort doucement, un chien jappe, une caravane passe…

Au Stonewall Inn, bar branché, du 51-53 Christopher Street, l’ambiance est à la fête. La musique monte d’un ton, les rires et les chants se mêlent, et les langues se délient autour d’un verre. Mais cette merveilleuse ambiance est stoppée nette: un homme vêtu en policier, rentre dans l’échoppe.

On s’attendrait presque à voir derrière lui, un sioux, un conducteur de chantier et les voir commencer à chanter YMCA, mais bon, souvenons nous, c’était en 1969… (année éwotik).

Le policier dresse (non pas son sexe) mais un procès verbal au propriétaire de l’établissement, qui vend soi-disant de l’alcool sans autorisation -et-que-c’est-pas-bien-parce que-bon- Il annonce également (non pas son Coming Out), mais son intention d’arrêter le personnel…

Ca calme …

Ces pratiques arrivaient parfois, et malgré les manières un peu musclées, sur les bras huilés des forces de police, les homos ne résistaient pas … Mais là, ce fut trop ….

Le ton monte, les protagonistes prennent partie (n’y voyez là rien de sexuel): une baffe, retrait du buste, un crachat, demi tour, clé de bras.

Les gens commencent à s’amasser dans la rue. Certains un peu éméchés ont raté le début de la séance, mais s’en mêlent malgré tout. C’est une femme (eh oui!) qui, refusant de se faire embarquer dans le panier à salade qui vient d’arriver, va mettre le feu aux poudres. Les coups fusent. Les pavés s’envolent, des bouteilles se brisent, des chaises sont lancées.

Les renforts de police permettent de retrouver le calme dans Christopher Street…

Un chien jappe au loin.

Alors là on pourrait se dire, pas de quoi se lever la nuit pour faire japper son chien au loin. Mais la nouvelle se répand au sein des médias, et les soirs qui suivent, de nouveaux heurts entre homosexuels new-yorkais et forces de l’ordre font grand bruit: on revendique la reconnaissance sociale de l’homosexualité.

Tous les Etats-Unis en parlent et même «Oversea». Les émeutes de Stonewall obtiennent le soutien d’une grande partie de la population et des médias. En effet, cette révolte symbolique des pédés fait le tour du monde: la radio, la télévision, la presse écrite, tout le monde en parle.

Stonewall va devenir le symbole d’une minorité opprimée qui revendique des droits.

C’est le 28 juin 1970, soit l’année suivante, qu’a lieu la première Gay Pride, à New-York. Bien entendu, cette commémoration unique se répand dans le monde entier comme une traînée de poudre.

Cette fête merveilleuse que nous connaissons tous, rend hommage aux événements de Stonewall.

par: Tom

- “Tiens t’es mignon avec ta nouvelle coupe de cheveux… Ca fait un peu Tintin…”
- “Et alors ? Il est pas bien Tintin ?”

Mais d’abord, Tintin qu’est-ce que c’est ?

Tintin… Je ne parle pas de l’inévitable complice hors caméra de Pascal Sevran (” hein Tintin ? “), mais bien du personnage de bande dessinée créé par Hergé.

Pour les hibernatus de service décongelés récemment, rappelons que Tintin est un jeune garçon – une petite trentaine -, journaliste, blond, 175 70 BM ACT/PASS CH IDEM…Heu excusez… C’est à force de fréquenter certains services… J’ai du mal à faire des descriptions classiques…

Je reprends :
Tintin est journaliste, il est jeune, un poil efféminé, il est très blond -limite décoloration- , le cheveux ras avec une petite houppette sur le devant (pas de mauvais esprit s’il vous plait !), il est habillé de façon un peu excentrique ou avec un 501, il adore se déguiser – l’habit de cowboy lui va à merveille (oui ! c’est ça : ” comme dans les village people ” !) – il connaît plein de monde, adore faire la teuf, il possède des dons de décorateur, il est assez sportif, il a pour compagnon un adorable chien-chien très soigné et il est temps que je mette un point à cette phrase parce que je trouve moi-même que c’est long et que ça commence à bien faire.

Bref, c’est un chic type qui ne dépareillerais pas à la terrasse de l’Open Café…

Eh oui ! Car Tintin est l’égérie homo la plus diffusée mondialement, et la moins reconnue par les homos eux-mêmes… ! Ce type là est une vaste propagande pour la ” gay attitude ” est personne ne s’en était rendu compte ! Tintin est asexué me direz-vous… Et ça cadre mal avec l’idée d’en faire un homo qui n’a que le sexe à la bouche (c’est une image…). Les homos ne peuvent s’empêcher de parler sexe et on ne peut pas dire que les propos de Tintin soit très hot… Okay Okay. Mais il est vrai qu’on sait très peu de chose sur Tintin…

Et justement : Ce désir de tout cacher, cette volonté de ne rien laisser paraître… Ne serait-ce pas là une preuve évidente de l’homosexualité de Tintin ? Tintin, un journaliste mondialement connu ne peut se permettre de faire un coming-out retentissant… Et puis on ne connaît pas ses parents… N’ont-ils pas pu supporter que leur rejeton soit homo, au point de le virer de chez eux ? Seules de brèves allusions et quelques sentiments pour de jeunes garçons rencontrés au détour d’un chemin arrivent à transpirer au delà des images…

Alors que Jean Jacques Annaud nous livre actuellement sur les écrans une pâle adaptation de ” Tintin au Tibet “, avec néanmoins le désirable Brad Pitt, on peut se poser la question de savoir ce qui se passe entre Tchang et Tintin… Quelle détresse, lorsque Tintin s’effondre en larmes à la disparition de son petit ami ou, lorsqu’à leurs retrouvailles, Tchang avoue avoir souvent pensé à lui! Et on voudrait nous faire croire que ce n’est QUE par amitié ? ! Allons ! Nous nous posons tous la question : “A qui penses-tu quand le désir t’étreint, Tintin ?” Et ces titres ! ” Objectif Lune “… ” Le sceptre d’Ottokar “… Il émettrait de légères vibrations le sceptre d’Ottokar, que ca m’étonnerait pas… Vous voyez ? Tintin ferait très couleur locale dans le Marais… Et je ne suis pas loin de penser que si Dalida avait envahie le monde de Tintin, il aurait eu toute la compil…

C’est vrai que question musique, il n’est pas gâté ! Sa seule référence semble être la Castafiore… Et c’est également la seule femme qui revient sans cesse… C’est pas des coups à faire tourner un hétéro convaincu (en un seul mot) en tapiole jusqu’à la fin de ses jours ? Mmh ? Voilà pourquoi Tintin tourna très tôt tata.

Enfin… La Castafiore… ” Une femme “… A nouveau le doute m’habite (toujours en un seul mot). La Castafiore ne ressemble-t-elle pas à un simple drag queen avant-gardiste ? Ou bien est-ce un travelo échappé de chez Michou ? Ou encore un transsexuel comme semblerait nous le confirmer le titre ” Les bijoux de la Castafiore ” ? Encore des doutes !

Mais Tintin ne mange pas de ce pain là. Et n’allez pas croire non plus qu’il vit une sexualité débridée (au sens propre et au figuré) avec le seul compagnon fidèle qui couche avec lui : Milou. Non. Son truc c’est l’exotisme… Nul doute qu’il possède le guide gay international… Dans ses premiers album, c’est ” je tire un coup au Congo, je tire un coup en Amérique, etc. ” Quelle girouette !

Plus tard, après ” On a marché sur ma lune “, viendra le temps où Tintin se range et s’empâte à Moulinsart. C’est vrai qu’après tant d’aventures, il peut en avoir plein les reins, Tintin. (oui je sais ça fait deux fois que je fais ce mauvais jeu de mot…)

Alors Tintin, c’est avant tout l’histoire d’un mec seul. Oui : il a des amis, il a vu du pays, et il a eu une vie bien remplie (peut-être pas que la vie d’ailleurs)… Mais au bout de 22 albums, 22 aventures… Comme tous ceux qui multiplient les aventures d’un soir, Tintin reste seul. Peut-être est-il trop idéaliste ? Trop occupé ? Blasé ou blessé ? Qui sait ? En tous cas, un des mérites de ces aventures à la chaîne, c’est de produire une morale en forme de doigt pointé vers le lecteur, qui dit :” Et vous ? ”

A moins que je me sois planté… Peut-être se demande-t-il seulement s’il doit faire partie du boys-band des Dupont-Dupond ?

PS : le mois prochain OOups! vous proposera un autre sujet de fond : “Fantasio est-il bisexuel”.

(publié la première fois en Juin 1998)

par: Toinoo

Elle est heureuse. Les nuages qui s’amoncelaient à l’horizon ont tout à coup disparu. Les autres mères de son entourage l’envient… Pourquoi ? C’est une maman de pédé. Et ça, elle mesure tout ce que ça va lui apporter comme tranquillité.

Bon, évidemment, quand elle l’a appris, ça lui a fait drôle. Quoiqu’elle s’en doutait un peu. On est ouvert, mais quand même, quand il s’agit de votre fils, c’est quand même pas pareil… Et puis elle a réfléchi. Et plus elle réfléchissait, plus le sourire s’élargissait sur ses lèvres, et plus elle mesurait sa chance.

Le premier avantage d’être une maman de pédé est ENORME. C’est une délivrance. Tous les conflits qu’elle imaginait pour les quarante années à venir disparaissent d’un coup de baguette magique. La jalousie qu’elle redoutait, le manque qu’elle craignait, tout ça a disparu. Car, conséquence logique : elle est maman de pédé, et donc, elle n’aura pas de belle fille. Et ça, ça peut nous paraître idiot, à nous, mais pour une maman d’une manière générale, c’est un soulagement incommensurable ! Pas de belle fille qui lui aurait piqué son fils, qui aurait été une rivale, qui aurait pris sa place dans le cœur de sa progéniture.

Bien sûr, son fils ne sera pas seul (enfin elle l’espère). Mais un gendre, ça n’a rien à voir avec une belle fille. Elle pourra discuter avec lui sans crainte des conflits particuliers aux relations mère/belle fille, elle le chouchoutera comme son propre fils, elle espère qu’il lui plaira… Elle pourrait même aider son fils à choisir, tiens… Mais pas sûr qu’il accepte de l’emmener avec lui dans ses soirées ou même qu’il soit apprécié que dans la rue elle lui indique tel ou tel beau garçon qui “est sûrement comme toi”. Et à cette seule idée, elle rigole toute seule. Décidément, c’est un bonheur d’être une maman de pédé.

Le deuxième avantage est presque aussi grand que le premier. A priori, être maman de X implique de ne pas être grand-mère, au moins avec celui-là. Et ça, c’est quand même aussi une bonne nouvelle, car il y en a d’autres pour lui donner des petits-enfants, et au moins, avec lui, on peut être sûr de passer une soirée tranquille dans gamins braillards, on sait qu’il ne les donnera jamais à garder. Pas de contrainte d’horaire, de vacances… Elle en profitera pleinement, de son fils et de son copain !

Si, si, elle aime les enfants, la maman de X, sinon elle ne serait pas maman. Mais savoir qu’un des siens n’en aura pas, ça permet de mesurer les avantages de la situation. Au moins, avec lui, elle ne sera pas une pouponnière ni une garderie.

Et puis, dernière petite chose, être maman de X, c’est le certitude que son fils sera souvent entouré de beaux garçons. Qu’on pourra parfois croiser à l’occasion. Et ça, c’est pas mal non plus. Car on a beau être maman, on n’en reste pas moins femme…

par: XIII

Bonjour à tous,

Si vous venez d’arriver ici il est fort probable que vous soyez une vieille de l’Internet pour qui le nom OOups! a évoqué quelque chose. En voyant le nom, vous vous êtes jeté sur le lien comme Frédéric Mitterrand sur le poste de Ministre de la Culture et vous voilà ici. Content de vous retrouver ! Par contre, si vous avez moins de 30 ans, félicitations, vous connaissez surement une vieille de l’Internet…

Non OOups! ne renait pas mais il y a 3 semaines, l’un de nous a envoyé un email à l’équipe fondatrice en disant qu’il était retombé sur des archives sur la Wayback Machine et que certains articles étant intemporels (Une maman de pd qu’est-ce que c’est, Draguer dans le RER, Je sors avec un gros naze, Amitiés hétéros, etc) il n’y avait pas de raison pour qu’ils ne soient plus en ligne. Nous avons donc décidé de les republier 13 ans après.

Comme la Gay Pride arrivait nous nous sommes dis que se serait peut être un gentil cadeau pour la communauté gay française en ligne. Donc voila, au fil des jours nous allons reposter des articles parus entre Novembre 1996 et Juin 2000. Comme quoi même à OOups! on n’a pas peur du ridicule.

Bon les vieilles, vous pouvez maintenant zapper le reste du billet et passer au suivant, parce que  nous allons expliquer aux jeunes ce que OOups! était. Merci d’être venu nous voir on vous embrasse :-*

logo

Logo original version 1996

En 1996, deux amis rencontrés par Minitel (vous voyez le travail !) décident de lancer un site gay et proposent sur le canal IRC (comment ça vous ne savez pas ce qu’est IRC ?) gayfr à un étudiant en journalisme de les rejoindre. OOups! était né. A l’époque la majorité des sites gay français que vous connaissez n’existait pas à part tetu.com qui fut lancé le même mois que Ooups.com.

A son lancement OOups! proposait des forums sur divers sujets et des articles mensuels sur la vie quotidienne des jeunes gays avec un ton volontairement décalé (mais pas toujours). Si nous devions comparer cela avec ce qui se fait aujourd’hui, nous pourrions dire que OOups! était un blog à auteurs multiples qui ne postaient qu”une fois par mois ! 4 ans plus tard, OOups! était le plus grand portail communautaire gay français avec un chat, des annonces, des actualités quotidiennes, un service d’email gratuit, l’hébergement gratuit d’associations gays, un réseau publicitaire, une boutique de livres, et plein d’autres choses.

Logo version 1999

Logo version 1999

En Juin 2000, OOups! fut racheté par la société éditrice de Gay.com et devint la version française du site américain. Gay.com France fut fermé en 2003 et tout le contenu produit depuis 1996 disparu de l’interweb.

Voila vous savez tout. Nous espérons que vous apprécierez ce revival de OOups! et n’hésitez pas à nous laisser des commentaires ou des demandes en pacsage. Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter “OOupsfr” (http://www.twitter.com/ooupsfr) ou devenir fan de OOups! sur Facebook ici: http://www.facebook.com/pages/OOups/97614329449

Ah au fait, une derniere chose. D’où ça vient ce nom ? Pourquoi un tel nom pour un site Gay ? En quoi l’expression OOups! est à relier aux Gays ? OOups! fait partie d’un film culte : “Torch Song Trilogy”, souvenez vous :

OOups!, c’est quand on tombe dans une cage d’ascenseur !
OOups!, c’est quand tu nages à poil au milieu des piranhas !
OOups!, c’est quand, par distraction, tu te laves le cul avec de l’Eau de Javel ! ”

Alors si après son utilisation dans un film culte Gay on me dit que OOups! ce n’est pas une expression d’Homos… Moi je vais nager à poil dans de l’Eau de Javel au milieu des piranhas !

Ced, Tom, XIII, Antoine et Gregoo.

par: OOups!

Samedi – 13h30.

J’ai été faible. Oui il faut le reconnaitre, j’ai été *TRES* faible. A force de dire “non merci, la Gay-Pride, sans façon !” tous les ans à mes amis chaque fois que le mois de juin réapparaissait, je commençais à passer pour un emmerdeur. Mais cette année, franchement, il s’y sont mis à 6 (c’est une image et c’est dommage) pour me forcer à venir. Et donc me voilà. Au milieu de la Gay-Pride.

Bon bah il y a du monde. Ouh la la, plein de monde. Oui bah il y a trop de monde, beaucoup trop de monde. J’ai intérêt à rester près de mes amis si je ne veux pas passer le reste de la journée à errer seul au milieu de tous-ses-gens-que-je-ne-connais-pas.

Il parait que l’on va marcher 6 heures. OOups!

Quelle joie. Heureusement que j’ai mis mes nouvelles chaussures bien confortables comme ça je n’aurai pas mal aux pieds.

Allez hop, c’est parti. Le cortège se met en branle. Et moi avec. Bon c’est joli tous ces chars et puis on entend bien la musique. Oui très bien. Trop bien même. Ils pourraient quand même baisser un peu leur sono parce que mine de rien c’est quand même très fort. Sinon tout va bien, on marche et je n’ai pas mal aux pieds.

Bon mes amis veulent aller voir le début du défilé. Qu’à cela ne tienne, mais je leur fait quand même remarquer que là on est bien, on a pas mal aux pieds, que le début il est loin et qu’en plus on ne sait même pas combien de mètres il va falloir marcher.

Ouf, ca y est ! Enfin arrivé au début de la marche. Nous avons croisé tous les chars de toutes les organisations et les entreprises gay. Une chose est sûre, il y a plein plein de monde. Evidemment je m’en doutais, le début de la marche est un peu triste donc nous repartons vers le milieu. Pourquoi personne ne m’écoute jamais… Ouiiiiin Ouiiiin.

OOups! C’est bien ma veine. Nous sommes plusieurs centaines de milliers et il fallait que je tombe sur lui. Si il y a bien UNE personne au monde que je n’avais surtout pas envie de revoir c’est bien lui. Et bien non, il faut que je me retrouve pile poil en face lui. Et moi comme un con qui lui fait un grand sourire et lui demande comment il va ! Et le voilà reparti dans ses histoires de couples. “Oui bah bon allez on se téléphone parce que là parler en marchant, même si j’ai pas mal aux pieds, ce n’est pas très pratique, on ne s’entend pas. Pourtant j’ai pleins de choses à te raconter”.

Pourquoi je lui ai dit ça moi…

Ouh là là. Quelle chaleur. Il fait au moins 35°. Je ne sais pas si c’est très bon de marcher comme ça en plein soleil. Ce qui est sympa c’est que sur certains chars ils lancent des canettes dans la foule. Je le sais, je m’en suis pris une sur le coin du visage. Bah, ça partait d’un bon sentiment mais c’était du Pepsi. J’aime pas les colas, surtout en pleine poire.

J’ai mal à la tête.

Ce qui est bien c’est que l’on croise pleins de gens très différents. Tiens une Drag-Queen, je croyais qu’elles avaient disparues de la surface de la terre. Tiens un mec tout en latex. Tiens un mec absolument top canon. Tiens une grand-mère au balcon. Tiens une caméra braquée sur moi.

QuoOoOoooi, qu’est-ce que c’est que cette histoire ! C’est la meilleure de l’année, non seulement je ne voulais pas venir mais en plus je me suis fait filmer.

OOups! Ca va, c’est une télé allemande.

Cela fait maintenant 3 heures que l’on marche. Oui enfin pour être plus précis je devrais plutôt utiliser le verbe piétiner. Vous, je ne sais pas, mais moi quand je fais 10 mètres en 7 minutes, j’appelle plutot ça piétiner. Sympa ce défilé… A 35 °…

Je n’ai pas mal aux pieds.

Meeeerde. Ils sont où ? Ils étaient là il y a deux minutes. Oh noOoOon, j’ai perdu mes amis. Avec ce monde, je ne risque pas de les retrouver. Et si je m’extirpais du défilé pour m’engouffrer dans la première bouche de métro. Non. J’ai dit que je venais, alors maintenant j’assume. et puis je peux encore marcher vu que je n’ai pas mal aux pieds.

Et voilà. C’est la fin. L’arrivée triomphante. On apercoit au dessus des têtes et des banderolles quelques ballons rosâtres qui s’envolent, mais personne ne s’en rend compte, vu que c’est à deux kilomètres !

Putain ! j’ai raté la fête !

Les premiers sont arrrivés il y a 2h00 et il en reste encore plein derrière nous. Il y a plein de petites fêtes éparses et moi j’ai l’impression d’être dans un groupuscule seul.

Je viens de passer mon après-midi seul, entouré de plus de 100 000 homos et je n’ai même pas été foutu de faire connaissance avec quelqu’un.

Nous sommes place de la Nation. Des essaims se sont formés sur l’herbe. D’autres, près d’enceintes tonitruantes continuent à danser.

Mais ils n’ont pas mal aux pieds,eux, dans ces grosses chaussures ? Et en plus on me bouscule.

J’ai de plus en plus l’impression qu’ils ont tous réussis à rester en groupe … Et meeeeeerde ! Et en plus j’ai des confettis partout et je sens un mélange de sueur et de friture.

Moi ? l’Euro-Pride ? Euuuuuh…. C’est pas retransmis à la télé cette année ? Non parce que…..

(publié la première fois en Juin 1997)

par: Nicolas

Merci France Télécom. Oui pour une fois que l’on peut remercier cette vieille dame, autant en profiter ! En effet, si dans tous les pays du monde les homos découvrent désormais, au travers de l’Internet, les délices des conversations en ligne, la France grâce à son affreux Minitel marron vieux de plus de 10 ans, fait figure de révolutionnaire. Sans lui je ne serai peut-être jamais devenu homo ou en tout cas pas aussi tôt !

En Février 1990, un mardi je m’en souviens encore, mon père, sous la pression quotidienne de ses enfants en mal de nouvelles technologies avait enfin cédé et accepté que rentre chez nous ce nouvel appareil électronique au prix exorbitant, il va sans dire, de 0FF ! A moi les messageries Gay !

Ce n’est donc pas sans une intense émotion que le petit homo refoulé de l’époque s’installa, dès le premier soir, quand tout le monde fut couché, face à cet engin prometteur. Clic, Biip, Biip, Biip, CONNEXION ETABLIE !

Enfin, j’allais pouvoir parler avec des gens comme moi ! Des mecs attirés par d’autres mecs ! Quelle joie. Une fois un joli pseudo choisi que j’ai depuis oublié (désolé mais ma mémoire n’est plus ce qu’elle était !) je me retrouvais face à toutes sortes de créatures plus ou moins attirantes : Cho7, Mec29a, Passif30a, Clément, Etudiant20a, Stef22a, ActifNow… Tous mes fantasmes étaient là, directement accessible au travers de la fabuleuse touche ENVOI verte !

Très vite j’engageais une dizaine de conversations différentes avec comme but ultime de tomber sur quelqu’un de mon age, plutôt sympa et pas à l’autre bout de la France, afin de faire avec lui le grand saut ! Ce qui fut fait d’ailleurs très rapidement, je ne m’étalerai donc pas davantage sur cette première fois. Par contre, j’étais devenu un accro du minitel et il ne se passait plus un soir sans que je ne me connecte au moins une heure.

Mon rythme de sommeil de l’époque en prit d’ailleurs un sacré coup, mais ce minitel était devenu une véritable drogue. Je retrouvais les autres accros et nous partions dans de grands délires, s’échangeant des témoignages de rencontres avec un tel ou un tel. Tu as vu Fabien27a ? Comment est-il ? Ah bon ? Bon bah c’est pas la peine que j’insiste alors ? Ah ? il est sympa ? Il m’a donné son téléphone. Non !? tu as couché avec lui ? Alors ?

Bien sûr, pour quelqu’un qui à l’époque ne souhaitait que rattraper le temps perdu, le minitel semblait un excellent moyen de faire des rencontres. D’autant plus que le milieu homo m’était totalement inconnu (je vous rassure, ce n’est plus le cas maintenant !). A combien de rendez-vous suis-je allé espérant trouver l’homme idéal ? Combien de fois ai-je failli rebrousser chemin face à un jeune homme “mignon” ! Mais combien de fois ai-je également passé de supers moments en ligne et en direct-live. Le Minitel c’était une formidable thérapie contre l’angoisse et l’isolement des jeunes homos. Un moyen peu couteux pour les timides ou les jeunes de discuter. Car quoiqu’on puisse en penser, les messageries n’étaient pas que des lieux fréquentés par des pervers qui pianotaient les fesses à l’air ! C’était également un lieu d’échanges convivial où la censure n’existait pas. Où chacun pouvait écouter et se faire entendre. Où il était possible de se lier d’amitié avec des pseudos. Où tous les fantasmes étaient permis, voir réalisables.

Je voudrais donc ici, de la part de milliers d’homos, remercier France Télécom sans qui le Minitel et ses messageries de rencontres Gays n’auraient jamais existés. Grâce à eux deux j’ai eu la possibilité de discuter voir de rencontrer d’autres mecs, sans pour autant coucher avec, d’ailleurs, et ainsi pu assumer pleinement mon homosexualité. Milles BizoOoOoo à vous deux !

Aujourd’hui en France le minitel est encore bien présent et ralenti fortement la progression d’Internet. Mais le phénomène est irréversible et je vous parie que d’ici à 10 ans quelqu’un écrira un article sur : INTERNET ou les souvenirs d’un dragueur en IRC !

(publié la première fois en Décembre 1996)

par: Ced

Vous vous souvenez quand vous êtiez petit et que l’on s’amusait à jouer avec vous à la p’tite bête qui monte qui monte qui monte. Ouais, bon, c’était drole quand vous aviez 5 ans, allez 6 ans pour les plus immatures d’entre nous. Mais bon, à 18a et plus, cela n’est plus drole du tout. Mais alors là, plus du tout.

Et pourtant, imaginez-vous un jour, alors que, telle la ménagère de moins de 50a de base, vous êtes tranquillement en train de vous abrutir devant Drucker et ses sbyrres, vous sentez une légère, toute légère, toute sournoise, mais bien présente démangeaison, au niveau de… Comment dire… Enfin là, quoi ! A la Zigounette ! Enfin pour être plus précis dans les poils de la Zigounette (pour ceux qui font la différence entre les deux).

Bon vous vous grattez tranquillement, l’air de rien, tel le footballeur de base devant son plateau repas et son match de la coupe de France, mais, quand même, rien n’y fait, cette démangeaison ne veut pas s’arrêter. Le doute n’est plus possible, ça gratouille quand même beaucoup, il faut regarder ce qu’il y a. Bon, paresseusement vous écartez le léger tissu protégeant le fruit adoré et cherchez d’où peut bien provenir cette désagréable sensation au goût sauvage.

Et là, GLOOUPS! (Oui ça ne méritait pas un OOups! mais bien un GlOOups!) HO-RREUR : Ca bouge ! Y a un truc qui bouge ! Minuscule, mais le regard fier ! Une p’tite bête qui gratte, grosse comme une tête d’épingle. Pas de doute, il s’agit d’un pou pubien. Un pou pubien ? Une saloperie de Morpion de merde Oui !!!!

En 2 minutes c’est la panique : Sueur, Tremblement de la lèvre inférieure, Regard vide et apeuré, Envie de fondre en larme.

Allons ! Allons ! Il ne faut pas être émotif comme ça ! Ce n’est pas le moment de paniquer. De toute façon, bah cela ne changerait absolument rien. Evidemment, à ce moment là vous allez vous sentir sale, très sale, limite pouilleux. Bah c’est ce que vous êtes là non ? Un pouilleux plein de poux ! Cela ne doit pas être très agréable comme sensation non ?

J’écris cela au conditionnel car bien sûr, moi cela ne m’est jamais arrivé ! Vous rigolez ou quoi ? Des morpions ! Franchement ! M’enfin ! Non, pour OOups!, je me suis renseigné, interrogé des amis à droite à gauche afin de vous livrer leurs conseils.

Bref, comme le pou de la tête, le pou pubien est un animal sournois, vicieux qui raffole des coins chauds afin d’y déposer ses p’tits oeufs et se nourrir de votre sang. GE-NI-AL ! Alors, aucune hésitation, il faut traiter ! Surtout ne croyez pas que le rasage systématique de vos deux orphelines soit suffisant. Que nenni ! Le morpion de base ne se loge pas sur les poils mais à la base des poils, sous la peau. Donc raser n’est pas suffisant. Enfin bon, si cela peut vous détendre, allez-y, coupez tout, mais faîtes quand même attention de ne pas vous blesser. Ce serait dommage quand même ! Et puis je ne voudrais pas être responsable de lits en moins aux urgences à cause d’un lecteur, qui, pris d’une violente démangeaison pubienne se serait violemment tranché le tuyau à bonheur !

Inutile de prendre rendez-vous chez votre médecin non plus. Non pas qu’un toubib serait incompétent face à cette horde de p’tites bêtes, mais une rapide visite chez le pharmacien est largement suffisante.

Bon, pour les plus coincés cet aller-retour chez l’apothicaire risque de vous donner des sueurs froides. Si d’habitude vous n’osez pas aller acheter des capotes dans une pharmacie, et bien ce coup-ci il va falloir vous faire violence ! En plus ce ne sont pas des capotes que vous allez demander mais un produit pour les pouilleux comme vous ! Malheureusement il n’y a pas encore de distributeur de spray anti-poux dans les lieux publics. Donc, vous prenez votre courage à deux mains et vous rentrez tranquillement dans la pharmacie (Meeeeerde, y a plein de monde !). Quand c’est votre tour, vous ne vous dégonflez pas en demandant un tube d’Aspro 500 hein ! En plus, l’Aspro 500 c’est complètement inutile contre les morpions !! A moins que vous ne souhaitiez les noyer dans les bulles, mais honnètement, je doute de l’efficacité de cette méthode. Non vous demandez tout simplement une boite de Spray Pax. Et voilà ! Aussi simple que ça ! Ce produit magique fera disparaitre vos p’tits camarades ainsi que leur progéniture en moins d’une nuit. Magique !

Donc vous voyez, ce n’était pas la peine de s’affoler.

Okay, la découverte de morpions est un grand moment de solitude, mais passager, donc pas grave ! Sachez en plus qu’il n’est pas nécessaire d’avoir de rapports sexuels pour en attraper. Ces p’tites bêtes ne peuvent pas vivre détachées du corps humain plus de 24 heures et ont un fort esprit de conservation. Si jamais leur propriétaire les abandonne dans un lieu public (banquette, voiture, toilette….), il est possible que ce soit vous qui en deveniez le nouvel heureux propriétaire. En plus, pas besoin de remplir 2 000 formulaires de la S.P.A, c’est gratuit !

A ma connaissance, il n’existe aucun moyen pour se prémunir de ce genre d’accident bénin (enfin bon, je ne suis pas médecin moi !), à moins de porter une capote intégrale ! En conclusion, je dirais donc que nous sommes malheureusement tous à la portée de ces bestioles sournoises. Que leurs découverte parmi vos parties intimes est un véritable cauchemar (enfin, c’est ce qu’on m’a dit.. !) et qu’il s’en suit un incroyable sentiment de dégout et de honte.

Mais quoiqu’il en soit, quitte à attraper quelquechose, je préfère largement, mais largement des morpions qu’un truc beaucoup plus grave et irréversible. Il faut toujours prendre la vie du bon côté. Non ?

(publié la première fois en Février 1997)

par: Nicolas

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